
Ringo Starr

Après avoir publié deux albums fort honorables en 1970 (« Sentimental Journey », un disque de reprises des années 30 et 40, et "Beaucoups Of Blues", le bien nommé), Ringo squatte les charts en 1971 et 1972 avec deux simples, « It Don’t Come Easy » (signé George Harrison) et « Back Off Boogaloo », oeuvrettes efficaces et sans prétentions. Touche à tout inspiré, Ringo participe aux concerts pour le Bangladesh, réalise « Born To Boogie » un documentaire hystérique sur son ami Marc Bolan dont le groupe T-Rex ravage alors l’Angleterre et fait occasionnellement l’acteur comme en 1973 dans « That’ll Be The Day », le film qui révélera David Essex. La même année, Ringo sollicite le producteur Richard Perry et s’attelle enfin à un vrai premier album : « Ringo ». On le sait, hormis les deux singles reconstitués par Paul, George et Ringo à partir des démos de John (« Free As A Bird » et « Real Love »), cet album est le seul disque post Beatles qui réunit les Fab Four : John, Paul et George composent tous les trois des chansons, George dirige la plupart des séances, cosigne « You And Me (Babe) » avec Mal Evans (le fidèle assistant du quatuor), « Photograph » avec Ringo et écrit seul « Sunshine Life For Me ». Paul et Linda composent et enregistrent « Six O’Clock », et John fait don de la très ironique « I’m The Greatest » que Ringo saura faire sienne. Sur cette chanson, John joue du piano, Ringo de la batterie et George de la guitare.
En 1974, Ringo est batteur sur « Pussy Cars », l’album de Harry Nilsson que John produit pendant son lost weekend. Lennon compose également « Goodnight Vienna » pour le disque de Ringo du même nom, produit par Richard Perry. Séparé de sa femme Maureen à la même période, l’ex Beatle se métamorphose en Jet setter réputé qui, de Los Angeles à Monaco, ne laisse plus dans son sillage aléatoire que des relents d’alcool forts. Ring O’ Records, le label qu’il monte en 1975 (avec lequel il ne signera jamais...) deviendra très vite de l’histoire ancienne. Du fond d’un verre, il fait paraître "Ringo’s Rotogravure", un premier disque pour Polydor qui marque également son déclin musical jusqu’à l’impeccable « Time Takes Time » de 1992. Ringo enregistre ensuite deux autres albums catastrophiques et se fait finalement mettre à la porte de Polydor.













